Le chrétien qui croit : fondamentalisme, libéralisme et théologie systémique

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Le chrétien qui croit : fondamentalisme, libéralisme et théologie systémique

Message par Au Revoir le Sam 13 Déc 2014 - 9:25

Bonjour à tous,

Il n'y a encore pas si longtemps, je pensais que le fondamentalisme était le fait de lire La Bible  de façon non systémique et que libéralisme était de la lire de façon systémique.

De plus en plus, je pense que la différence n'est pas dans la façon de lire la Bible mais de CROIRE à ce qu'elle dit. De CROIRE en Dieu, premièrement.

Et vous, qu'en pensez-vous ?


Dernière édition par Béréenne attitude le Sam 13 Déc 2014 - 13:32, édité 1 fois

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Re: Le chrétien qui croit : fondamentalisme, libéralisme et théologie systémique

Message par Emmanuel le Sam 13 Déc 2014 - 11:10

Bonjour BA,

Je suis allé vérifier la signification l'adjectif systémique avant de répondre. Very Happy

Construction de l'esprit, ensemble de propositions, de principes et de conclusions, qui forment un corps de doctrine; en partic., hist. des sc., construction théorique cohérente, qui rend compte d'un vaste ensemble de phénomènes.

Source : cnrtl

Peux-tu préciser ce que tu as voulu dire ?

Les croyants conçoivent la Bible comme un tout organisé et cohérent et quelques théologiens fondamentalistes ont entrepris de rédiger une théologie systématique.

Je pense comme toi que la différence se situe au niveau de la foi ou pas en ce qui est écrit, s'il s'agit de la parole de Dieu ou de la façon dont les hommes le perçoivent.

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Re: Le chrétien qui croit : fondamentalisme, libéralisme et théologie systémique

Message par Au Revoir le Sam 13 Déc 2014 - 13:59

Bonjour Emmanuel,

Ce que j'ai compris de la lecture non systémique, c'est de faire ressortir des 'notions' hors contexte entier de La Bible.

Exemple, prendre 'à la lettre' (à la lettre morte) de vendre son vêtement et de s'acheter une épée à la place.

Luc 22:35-36 a écrit: Il leur dit encore: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose? Ils répondirent: De rien. Et il leur dit: Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée.

D'autres diront que l'épée est en fait La Parole, que le vêtement est ... ??? etc, etc.  Et cette façon de faire, c'est à dire  INTERPRETER les écritures, est infini, les uns expliquant un passage d'une manière et plusieurs l'expliquant par autre chose.


Une 'analyse systémique' de ce texte serait  de prendre en compte en tout premier, le passage en entier, puis le livre de Luc en entier, puis le même texte dans les autres évangiles synoptiques, s'il y est (Marc et Matthieu) et éventuellement dans  l'évangile de Jean, puis de regarder ce que représentait une épée à ces époques, et en particulier pour les hébreux, si dans l'AT déjà, il pourrait y avoir des indications sur une même action, et si 'dans la langue', les mots pourrait être pris dans un autre sens car ils seraient une 'expression'. Comme en français nous avons de nombreuses expressions comme 'mettre les voiles' qui veut dire partir, et on peut 'mettre les voiles' tout en partant en voiture ou en train, (donc sans voilier) ou encore filer à l'anglaise qui en Grande-Bretagne se dit : filer à la française. Comment traduirait cette phrase un chinois dans 1000 ans ? Filer à la japonaise ? Smile Il pourrait bien rechercher longtemps ce que 'filer à la française' veut dire, s'il n'a pas de dictionnaire précis à ce sujet.

Et d'autres choses encore, comme que si le texte est le récit d'une histoire,  d'un fait, un poème, une parabole, une vision, une vision qui reprend des symboles de la Bible (l'apocalypse) etc.  

Pour revenir à l'épée, faut-il vendre son vêtement et en acheter une ? Je n'ai pour l'instant jamais entendu dire que quelqu'un l'avait fait ou enseigné à le faire. J'ai exprès pris un exemple qui normalement devrait être compris par tous comme étant un EXEMPLE. Et j'espère que personne n'aura l'idée de dire à d'autres de s'acheter une épée ! Smile

Par contre, il y a passablement de passages de La Bible qui sont 'répétés en boucle' et généralement, connu par coeur ou presque par les chrétiens d'une certaine 'couleur'. D'autres connaissent d'autres petits passages de La Bible par coeur. Souvent, un chrétien a soudain réalisé une chose en lisant 'ce petit passage'. Mais à force de le répéter (et parfois sans même réellement le comprendre), il devient 'lettre morte' mais continue d'être répétés en boucle, voir devient 'une doctrine' en lui-même.

Mais peut-on réellement lire et comprendre La Bible sans CROIRE ?

La façon de la lire est-elle si importante que cela ?


Dernière édition par Béréenne attitude le Dim 14 Déc 2014 - 5:34, édité 1 fois

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Re: Le chrétien qui croit : fondamentalisme, libéralisme et théologie systémique

Message par Emmanuel le Sam 13 Déc 2014 - 20:52

En fait il s'agit de considérer un texte dans son contexte immédiat puis dans un contexte plus large.

Béréenne attitude a écrit:Mais peut-on réellement lire et comprendre La Bible sans CROIRE ?

La façon de la lire est-elle si importante que cela ?

Le non croyant peut comprendre dans une certaine mesure ce qu'il lit mais il ne le reçoit pas, il n'en saisit pas toute la portée. La croix était une folie pour les grecs et une pierre d'achoppement pour les juifs. Le rôle de l'Esprit saint est important aussi pour nous éclairer dans notre lecture.

De plus, un non croyant ne consacrera probablement pas autant d'efforts qu'un croyant pour creuser et comprendre les Écritures car il ne leur accorde pas autant de valeur. Encore que ceux qui détestent le christianisme passent beaucoup de temps à chercher des arguments pour cela dans les Écritures même en scrutant la moindre contradiction ou des influences païennes.

Et toi, qu'en penses-tu ?

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Re: Le chrétien qui croit : fondamentalisme, libéralisme et théologie systémique

Message par Au Revoir le Ven 27 Mai 2016 - 17:34

Vers 200 après Jésus-Christ, passablement de chrétiens utilisaient la même méthode des 4 sens de l’écriture que les juifs utilisaient pour lire l’Ancien Testament. Le quatrième sens étant caché, la cabale.

Petit à petit, les philosophes s’en sont mêlés, sans forcement croire en Dieu (au dieu de la Bible). Les méthodes d’Aristote, et plus loin l’herméneutique, en rapport au dieu grec, Hermes, le messager des dieux et interprète de leurs ordres, appelé Mercure à Rome, interviennent dans la compréhension de la Bible. Ceux qui ne suivaient pas les conclusions philosophiques seront perçus comme hérétiques.

Les hérétiques sont premièrement respectés et admis comme des personnes pensant différemment que d’autres. En Grèce, il y avait de très nombreuses façons de concevoir la vie, les dieux, etc. Chacun était libre de s’attacher à l’école de philosophie de son choix. Par la suite, dans la partie occidentale de l’empire romain uniquement, une école de pensée philosophique fut imposée à tous et la Bible réservée uniquement pour les philosophes instruits faisant partie du clergé, afin que ‘le petit peuple’ non-instruit ne se trompe pas dans sa façon d’interpréter la Bible.

Mais la Bible continuait d’être propagée et lue par ‘le petit peuple’. Certains laïcs étaient tout de même instruits (savaient très bien lire) et comprenaient bien la Bible. Beaucoup ne la lisaient pas avec une approche philosophique. La Bible fut interdite dès les années 1200, dans quelques pays de la partie occidentale de l’ancien empire romain. C’est à dire, 300 ans avec le début historique du protestantisme. Plusieurs avaient constaté le fossé existant entre l’enseignement du clergé catholique romain et la Bible. Et parmi eux, beaucoup de personnes à l’intérieur du clergé.

Si, au départ, le même clergé avait imposé une unique philosophie à tous ses fidèles, partout ailleurs dans le monde, plusieurs écoles de pensée continuaient de cohabiter. Par la suite, à l’intérieur du clergé romain, il fut possible de discuter, de philosopher, et d’apporter ses propres conclusions.

Plusieurs croyants non-philosophes lisaient la Bible à l’intérieur du clergé et souhaitaient une réforme de l’église, tout en restant à l’intérieur de l’église, sans créer de schisme.

C’est en lisant la Bible d’un bout à l’autre en langue grecque, comme passablement de personne qui revenaient à la Bible à l’intérieur même des monastères catholiques, que Martin Luther fut fortement ébranlé. La langue grecque donnant plus encore de relief à la Bible que le latin. La Bible avait donc été mise de coté par le clergé, et soudain de plus en plus de membre du clergé la lisaient. Or on ne peut généralement pas rester indifférent à sa lecture, surtout en l’ouvrant pour y rechercher qui est Dieu. Luther rejoignit alors la façon de penser ‘protestante‘ qui existait depuis 200 ans au moins, la plupart de ses thèses ayant déjà été relevées par d’autres lecteurs de la Bible avant lui. Et même bien avant, les premiers pères étaient tous très proches du courant ‘protestant’ tout comme les apotres, tout comme Jésus et donc la Bible, en tout cas bien plus que le catholicisme romain. Très clairement, les thèses de Luther ne sont pas directement de Luther. Il suffit de lire un peu des écrits qui l’ont précédé, parfois des siècles auparavant et d’autres écrits de son époque. Généralement, les courants de pensées sont le fait de nombreuses personnes et sur plusieurs siècles, mais un nom est retenu par l’histoire. Le nom de Luther est repris par plusieurs ‘en boucle’ mais il n’est qu’une des très nombreuses personnes de sa génération et de bien d’autres générations d’hommes et de femmes à avoir suivi ‘le courant de la réforme’.

Jean Calvin pensait lui aussi comme beaucoup avec lui et comme le courant luthérien que seul le Saint-Esprit donnait ‘la bonne compréhension’ de la Bible. A cette époque, beaucoup avaient étudiés à l’intérieur du clergé catholique romain et connaissaient l’approche philosophique de la Bible tout en ne la suivant pas tout à fait. Le courant que Luther avait adopté était plus spirituel que celui de Calvin. Il considérait la Bible comme ‘Parole vivante’ sans relier les textes bibliques à une culture, une époque, un contexte littéraire ou historique des écrivains de la Bible, ce que font beaucoup d’hébreux depuis toujours. Alors que le courant de Calvin lui, reliait les textes à l’environnement et aux circonstances de ses auteurs. Le courant anabaptiste a repris, lui aussi, ce que beaucoup pensaient déjà des siècles auparavant, comme les Vaudois par exemple, le fait qu’on ne nait pas chrétien car c’est ‘la religion de notre culture’, mais on le devient après avoir entendu ‘le message de la Bible‘: la résurrection de Jésus-Christ et la nôtre, et après y avoir cru.

Quelques 200 ans plus tard, une nouvelle école de pensée a ouvert la porte à une lecture historico-critique. C’est à dire, vérifier par l’archéologie et l’histoire, si réellement les écrits de la Bible étaient crédibles. Il semblerait que personne n’avait pensé à le faire auparavant? Depuis, de très nombreux scientifiques se disputent autour des traces archéologiques, en particulier, lorsque l’une d’elles est retrouvée au alentour de Jérusalem. Les textes non-canoniques sont parfois considérés comme faisant foi, si l’un d’eux confirme ou infirme un événement décrit dans la Bible. Eux sont nettement moins remis en doute, bien souvent.

Par la suite, le libéralisme protestant et en partie le modernisme catholique, ont remis en question l’entier de la spiritualité de la Bible, Dieu, Jésus, les miracles, et même le fait que Dieu puisse s’adresser aux hommes ou se faire connaitre des hommes, si éventuellement, Dieu existe: le relativisme.

En parallèle, plusieurs croyants, en particulier le mouvement de frères, sortis de toutes dénominations pyramidales et en particulier Darby et les érudits avec lesquels il étudiait la Bible, suivirent plus encore le chemin spirituel du mouvement de Luther et de ses prédécesseurs. Chaque phrase de la Bible devenant par elle-même ‘vivante’ par son lecteur, indépendamment de son contexte littéraire, historique, culturel, sous l’action du Saint-Esprit. Saint-Esprit qui normalement renouvelle l’intelligence et se voit à l’amour entre chrétiens. Beaucoup, beaucoup de chrétiens ont été touchés, percutés, transformés, par une petite phrase unique de la Bible sortie de son contexte. C’est un fait. Généralement, ils la mettent en avant quelques jours, avant d’être à nouveau percutés par une autre phrase. Le danger étant de rester figé toujours sur la même phrase, ou de la (faire) appliquer à tous, ou d’en faire une application personnelle pour toutes circonstances. De vivante, La Parole devient sclérosée, morte, et donc inefficace pour nous édifier. Elle devient source de rigidité et d’orgueil ou de peur et donc de souffrance: le fondamentalisme ou bien plutot l’intégrisme. Intégrisme qui ne découle en fait pas d’une façon de lire la Bible mais bien plutot d’un état d’esprit de peur, et, ou d’orgueil et d’égoïsme indépendamment de tout enseignement et donc de toutes façons de lire la Bible, ou de ne pas la lire du tout.

Garder la Bible vivante pour chacun d’entre nous, c’est la découvrir encore et encore comme si c’était ‘la première fois que nous la lisions’ et donc être édifié par un même texte à chaque fois, et souvent par une autre partie du même texte à sa lecture suivante. Augustin dans les années 400 écrivait: pour comprendre la Bible, il faut premièrement croire. Lire la Bible pour s’en édifier est infini. On ne peut pas penser avoir ‘lu et compris la Bible’, même après de très nombreuses lectures.

La Bible parle de ‘se nourrir de la Parole’. Peut-on vivre du repas mangé 2 semaines auparavant? Ou vivre du repas mangé par quelqu’un d’autre? Lire la Bible donne faim de la lire toujours plus pour s’en nourrir ou pour l’étudier. Les deux sont possibles ensemble. L’étudier sans s’en nourrir apporte plus de connaissances intellectuelles mais cela nous rapproche-t-il de Dieu, de l’essentiel? La lire pour ‘prouver’ notre croyance, ou celle de notre ‘culture’ nous en éloigne beaucoup la plupart du temps …

Lorsque chaque passage de la Bible est pris en lui-même comme un tout, plusieurs minuscules paragraphes deviennent un dogme, une doctrine, une loi, une chose à appliquer, peu importe le contexte dans lequel le passage de la Bible se situe. Et parfois aussi, peu importe si aucun autre passage ne le confirme. Irénée de Lyon dans les années 180, écrivait déjà dans le sens du ‘protestantisme calviniste et luthérien’, disant que la Bible s’explique par la Bible. Dans le courant dit fondamentaliste, une poignée de versets sont souvent repris en boucle sans leur contexte entier. Bien que plusieurs citations peuvent en elles-même être ‘complètes’. Mais pour quelles utilisations? C’est certainement là, que l’approche avec Saint-Esprit, par la foi, change beaucoup. Un ou deux textes comme: ‘si ton oeil est une occasion de chute, arrache-le’, ont, à ma connaissance, de tout temps et par tous, été considérés comme ‘à ne pas à prendre à la lettre’. Heureusement! Ceci pour ‘la petite histoire’! Smile Et pour la plus grande, il n’est pas rare de voir de la part de catholiques et de protestants, une même méthode: reprendre une phrase dans la Bible et en faire un dogme, ou une croyance fondamentale soit du catholicisme, soit du protestantisme. Tous nous avons connaissance ‘d’un des versets catholiques‘ ou ‘d’un des versets protestants‘ qui est repris à lui tout seul en boucle, comme si il était à lui-même, ‘la Bible en entier’ ou presque. En clair, le fondamentalisme ne se limite pas aux évangéliques. Et tous les (mouvements) évangéliques ne sont pas fondamentalistes. D’ailleurs, auparavant, ce terme désignait simplement un ‘retour aux fondements de la Bible’, sans forcement la lire et la comprendre de façon littérale.

Plusieurs font la différence entre un verset unique hors de son contexte, et un enseignement ‘global’ sur un sujet précis, et reprennent la Bible en entier (notamment la théologie systématique du courant calviniste) pour comprendre globalement la volonté de Dieu, pour tous les siècles. C’est à dire, qu’ils croient que Dieu défini ce qui est bien ou mal dans la Bible mais ne croient pas qu’un unique verset ou petit passage défini à lui tout seul la volonté de Dieu pour tous les hommes de toutes la terre et de tout temps.

Depuis les années 1800, il est arrivé un courant dans le protestantisme qui considère que la Bible n’est pas normative. L’homme défini ce qui est bien ou mal, en fonction du ressenti de sa culture. C’est à dire, ce qui est mal à une époque ne l’est pas à une autre ou encore, ce qui est mal à une époque ne l’est pas pour d’autres à la même époque. La Bible ne défini donc pas ce qui est bien ou mal. C’est la pensée philosophique grecque par exemple, ou se côtoyaient épicuriens et stoïciens, les premiers prônant le plaisir des sens, et les seconds, la chasteté etc. Dieu n’existant pas du tout (athéisme) pour passablement de théologiens libéralises ou modernistes (relativistes) ou encore existant comme une force supérieure impossible à appréhender (agnosticisme). (Nous parlons de théologiens! Qui parfois et même souvent font pasteurs protestants et même évangéliques, ou prêtres catholiques, à la sortie de leur école de théologie, sans croire un seul mot de ce qu’ils racontent … sans croire un seul mot de ce qu’ils prient!) (certains reprennent le vocabulaire et même les travers de l’église dans laquelle ils prêchent, le patois de canaan des petites brebis ou même dans les courants très charismatiques , leur discours est scandé d’amen et d’alléluias et de différents autres de leur particularismes) (Sans commentaires)

Le courant dit fondamentaliste, dit parfois aussi évangélique, les deux courants étant vus par plusieurs comme un seul, donc les premiers, les ‘conservateurs sans amour’, et les deuxièmes les croyants, si je puis m’exprimer ainsi, parfois ensemble dans une même assemblée locale, ont continué d’envoyer des chrétiens faire théologie, chrétiens qui se retrouvent parfois pasteurs à l’église réformée-protestante. Ces dernières années, ce sont ces théologiens-croyants, considérés généralement comme évangéliques, qui ont remplis les temples protestants de paroissiens. Alors que les théologiens-pasteurs-relativistes-libéralistes voyaient eux leurs églises se vider. Mais les écoles, les facultés de théologie actuellement, n’enseignent plus que Jésus aurait réellement pu être ce que la Bible en dit. Il n’y a donc plus de relève de pasteur-théologien qui CROIENT, mais plutot des personnes sorties de faculté de théologie entièrement dépouillées de leur croyances, ce qui est très bien, car les croyances ne sont pas Dieu lui-même. Par contre, peu considère qu’il serait possible que l’évangile soit réellement le moyen par lequel Dieu souhaite se faire connaitre.

Parmi ces pasteurs, beaucoup considèrent la Bible comme une œuvre littéraire et la placent sur leur étagère aux cotés des œuvres littéraires et philosophiques d’autres écrivains. Généralement, ils pensent la Bible une bibliothèque. Ils considèrent la Bible comme la Bibliothèque du peuple hébreux en particulier, comme d’autres peuples avaient leur bibliothèque qui constituaient les bases de leur savoir et de leur croyance. C’est à dire des recueils, des assemblage de divers écrits, des documents officiels, (ce que nous appellerions de nos jours des archives, ou encore les archives de l’État) ou encore des poèmes, des chants, etc. Ce qui est dans les faits, tout à fait plausible, et même bien réel. Certainement, dans l’histoire des hébreux, plusieurs ont un jour rassemblés les écrits ‘rescapés’ de leur bibliothèque des guerres et autres incendies, (et avec, ce qui était transmis oralement) et c’est pourquoi, l’archéologie pense la Bible récente car les derniers manuscrits sont oui, très récents. Mais d’autres ont pu exister bien avant. Justement, les écrits qui composaient et s’ajoutaient à la dite bibliothèque. Je pencherais pour dire, que comme les bibliothèques des autres temples plusieurs fois dans l’histoire ont été saccagées, celle du temple de Jérusalem l’a été aussi. Le fait qu’on ait retrouvé beaucoup de livres dans des grottes près de Jérusalem (Qumrân), livres bien cachés, démontre en tout cas, que les livres se mettaient en lieux surs. Que La Bible (l’Ancien Testament) ait été plusieurs fois ‘reconstituée’ est fort probable, d’après des écrits antérieurs que nous ne connaitrions pas, si justement, les précédentes bibliothèques contenant les livres de la Bible, le Talmoud, etc. ont été détruites.

Dans la Bible même, nous trouvons différents ‘niveaux’ de texte. Par exemple: Exode 17:14: L’Éternel dit à Moïse: Écris cela dans le livre, pour que le souvenir s’en conserve … Exode 24:4 Moïse écrivit toutes les paroles de l’Éternel. Puis il se leva de bon matin; il bâtit un autel au pied de la montagne … Néhémie 8:3: Esdras lut dans le livre depuis le matin jusqu’au milieu du jour, sur la place qui est devant la porte des eaux, en présence des hommes et des femmes et de ceux qui étaient capables de l’entendre. Tout le peuple fut attentif à la lecture du livre de la loi.

Il y a deux niveaux d’écriture: lorsque de nos jours nous lisons: Esdras lit le livre de la loi à tout le peuple, forcement, cette phrase n’est pas écrite dans le livre qui est dans l’Arche, à ce moment là en tout cas.

Ce qui ne veut pas dire que la Bible a été falsifiée, mais qu’elle s’est construite dans le temps. Ce qui ne veut pas dire qu’elle serait moins crédible ou moins inspirée. Mais simplement, que les livres sont une construction de plusieurs niveaux. Ou encore une construction de péricopes, de ‘petits passages entiers’. Les chapitres et surtout les versets sont une invention très récente, auparavant, il y avait une suite de poèmes, de maximes, des descriptions, des paraboles, des récits suivis et complets en quelques lignes, tous appelés individuellement péricopes. Il se pourrait que parfois plusieurs paragraphes connus par coeur (ou rescapés d’une Bibliothèque) aient été ‘juxtaposés en vitesse’, écrits à la suite, car c’est ce qui restait du livre en partie détruit, ou ce qui restait de la mémoire de toutes les personnes présentes autour de l’écrivain. Ce qui ne veut toujours pas dire, que la Bible serait non inspirée de Dieu.

Par exemple, dans les évangiles, il y a parfois une parabole, puis une description de lieu, puis, une autre parabole. La Bible est en quelque sorte une suite de ‘paragraphes’ inclus dans des textes plus grands ou encore sans rapport direct les uns avec les autres. Généralement, une parabole n’est pas coupée par un chapitre. Nous comprenons tous qu’une parabole se lit en entier. Mais pour plusieurs autres passages à lire en entier, le fondamentalisme qu’il soit protestant, catholique ou évangélique, va reprendre ‘un demi-verset’ en son milieu. Exemple sur la paille et la poutre, tous nous connaissons la première partie de ce passage. Mais rarement la toute dernière phrase. Et il n’y a pas que les évangéliques qui ne reprennent que le début de cette parabole, sans la fin. Même les non-chrétiens connaissent la citation de la paille et de la poutre … mais sans la dernière phrase du paragraphe qui pourtant forme un tout!

Le protestantisme reprend aussi souvent une phrase ou une autre dans sa liturgie, et la répète encore et encore pratiquement chaque dimanche matin, tout protestantisme confondu. Idem pour les autres liturgies: catholiques, etc qui répètent en boucle des mini-potions de Bible, toujours les mêmes.

Généralement dans l’histoire, quelqu’un a repris un passage et d’autres un autre demi-verset ailleurs dans la Bible. Mais en partant de sa propre idée et en recherchant ‘le petit passage’ pour dire que son idée est bien la bonne. Mais les uns reprennent un passage stipulant ‘le contraire’ d’autres. Irénée de Lyon écrit déjà à ce sujet dans les années 180. Ce n’est donc pas une nouveauté. Avoir une idée et trouver dans la Bible, le passage qui y correspond pour la confirmer est une démarche totalement différente que de lire la Bible et la laisser elle, nous enseigner et transformer nos idées. Nos pensées s’accorderont de plus en plus à La Bible et nous ne recherchons plus ‘le passage hors de son contexte’ qui pourra étayer nos propres croyances (ou nos dires).

C’est d’ailleurs exactement le même mécanisme que les philosophes ont pratiqué dans l’histoire: prendre une chose et la souligner à outrance, alors que la phrase de la Bible suivante dit à peu près le contraire, phrase suivante, que d’autres philosophes reprendront et tous diront: c’est dans la Bible! Sur le salut par la grâce, la foi, les oeuvres, le baptême par exemple, il y a des livres entiers de notre époque qui reprennent UN passage, et d’autres livres toujours de notre époque, UN autre passage de la Bible, toutes dénominations confondues. Souvent, il suffit d’ouvrir une bible et de lire le paragraphe en entier de la référence donnée, pour s’apercevoir par exemple, que la phrase sur le salut par la grâce est suivie d’une phrase sur le salut par la foi. Plus loin, en recherchant dans la Bible en entier, ce qui revient continuellement sur le salut, ce n’est ni la grâce, ni la foi ni même le baptême. Souvent, il y a un unique petit passage sur un particularisme dans la Bible, alors que plusieurs autres passages disent autre chose, sur le sujet du salut, une seule et même chose: Dieu sauve. C’est son oeuvre à Lui, nous ne pouvons pas nous ressusciter tout seul, nous ne savons pas comment nous donner la vie Eternelle, aussi grande soit notre foi, notre église, aussi instruit ou consacré-sanctifié que soit notre ‘leader’ ou sacré notre rituel.

Pour revenir à la conception de la Bible, à mes yeux, la Bibliothèque du temple (L’arche de l’alliance du tabernacle) qui contenait la Bible a pu être plusieurs fois détruite et plusieurs livres ou ‘parties de livres’ ont pu être préservées. Entre parenthèse, beaucoup d’hébreux connaissaient leurs écrits par coeur. Certains pouvaient réciter en entier ou presque, la première moitié de la Bible, c’est à dire l’Ancien Testament et avec elle, d’autres livres (ceux de la Septante) et encore les écrits de leurs ‘pasteurs’ (Talmoud, etc). C’est généralement au sortir de captivité, donc après avoir perdu une guerre et avoir été esclaves ou encore déportés que les hébreux écrivaient La Bible. Certainement, pour garder la plus grande trace possible de leurs connaissances, et pouvoir les transmettre à la génération suivante, s’il ne restaient plus de personnes sachant l’ensemble des textes par coeur. Les textes se transmettaient aussi en chantant, donc le peuple entier les connaissait en tout cas en partie, sans forcement savoir lire.

De tout temps, beaucoup de chrétiens, de croyants, de … ??? de lecteurs de la Bible qui croient à ce qu’elle dit, sont influencés par une école de pensée ou une autre.

Origène avait déjà développé dans les années 200 une approche spirituelle de la Bible, lorsque les philosophes avaient plus encore décortiqués la Bible, au point de découper son enseignement en petits morceaux stériles. Selon Origène, la Bible édifie, enseigne, guide le chrétien: la lectio divina. La Bible modifie nos idées, nos croyances, nos objectifs. C’est généralement ce qui a été suivi par les lecteurs de la Bible persécutés, à tous les siècles, sans forcement connaitre Origène ou ses écrits. Le danger serait de placer la méthode (et le nom d’Origène) avant la Bible elle-même, et ses auteurs et Jésus lui-même. La méthode, si elle prend la place de l’édification, peut devenir très vite un rituel, alors que ce n’était pas du tout le but d’Origène.

Pour terminer, après avoir été longuement enseigné dans un courant de pensées, après avoir pris différentes habitudes de lecture, après avoir entendu encore et encore la même poignée de passages mis en avant, il est difficile de relire la Bible dans son ensemble ‘comme tout à nouveau‘ pour réellement apprendre et se laisser édifier par elle, sans la lire avec un filtre herméneutique ou un autre, ou la croyance d’un groupe ou d’un autre. Si le filtre est faux, si la croyance ne correspond pas à la Bible, sa lecture en entier en est déformée. Cela demande beaucoup de recul par rapport à ‘ce qu’on croit que la Bible dit‘ car nous en avons été persuadés d’une façon ou d’une autre. Et plus nous sommes persuadés de suivre uniquement la Bible, plus il est difficile de voir qu’elle pourrait ne pas dire exactement ce que nous croyons. Parfois même avec le texte sous les yeux, ce qui n’est pourtant pas écrit nous semble écrit. Par exemple dans la Genèse, il n’est pas parlé de pomme. Pas une seule fois, il est écrit qu’Adam et Eve auraient mangé une pomme. Pourtant, un lecteur de la Bible persuadé que la Bible parle bien d’une pomme, même en relisant la Genèse, même en étant instruit, attentif, sincère, en pleine forme, et désireux de comprendre, peut rester persuadé que le terme ‘pomme’ est bien dans la Genèse. Ecrire ‘Adam et Eve’ ont mangé le fruit défendu peut aussi être vu comme ‘curieux’, voir comme ‘dangereux’, car ne correspondant pas avec les enseignements de la dénomination connue. (Il n’est pas toujours relevé dans certaines dénominations qu’Adam lui aussi a mangé du même fruit défendu qu’Eve)(Il y a passablement de croyances personnelles ou de groupes qui vont dans ce sens là avec de tout autres exemples: croire que c’est bien ce qui est écrit dans la Bible et même en la lisant, ce qui a été souvent entendu (ou lu) surpasse ce qui est réellement écrit. Plus encore si c’est réellement écrit mais que cela fait partie d’un ensemble. L’ensemble reste transparent, le contexte et plus loin, les autres textes de la Bible demeurent transparents, comme ne pouvant pas être mis à la même ‘hauteur’ que le petit passage auquel on a donné à lui tout seul et de façon isolée une importance démesurée).

Passer de ‘ce qu’on croit que la Bible dit‘, à ce qu’elle dit réellement est plus difficile que de partir d’aucun prérequis pour la lire. Ce sont souvent les chrétiens dans les pays où la Bible est interdite, qu’il s’en fait une lecture sans aucune influence philosophique, fondamentale, littérale, etc. La Bible est lue en cachette, seul ou avec une poignée de chrétiens ayant les mêmes (non) connaissances d’approches de la Bible. Et étonnamment tous arrivent aux mêmes thèmes, tous relèvent les mêmes choses et les considèrent comme essentielles. En premier l’amour … et même l’amour envers les persécuteurs. Tous perdent leur façon d’être et de penser selon leur contexte familial, scolaire, environnemental, etc. Et lorsqu’ils se rassemblent à partir de pays différents, ces chrétiens-là, sont étonnés de si bien se comprendre à partir de cultures différentes. Serait-ce l’œuvre du Saint-Esprit?



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Re: Le chrétien qui croit : fondamentalisme, libéralisme et théologie systémique

Message par Au Revoir le Sam 28 Mai 2016 - 5:00

PS: le titre est faux. C'est la théologie systématique. Cela signifie d'étudier la Bible par livre, (par groupe de livre), par sujet, par dogme, etc

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Re: Le chrétien qui croit : fondamentalisme, libéralisme et théologie systémique

Message par Emmanuel le Sam 28 Mai 2016 - 18:12

Salut BA,

Ton texte est long mais j'ai tout lu. Very Happy

Finalement, peut-on construire une théologie systématique ? Je ne pense pas. Certaines choses ne font pas débat et mais d'autres oui. Et puis certaines prophéties ne seront pleinement comprises que lorsqu'elles se seront réalisées. Je pense qu'il existe un flou pour que Satan lui-même, ou tout ennemi de Dieu, ne puisse pas changer le cours des choses. Le croyant peut être confiant que le bien l'emportera et que le mal sera détruit.




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Emmanuel

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Re: Le chrétien qui croit : fondamentalisme, libéralisme et théologie systémique

Message par Mimarie le Sam 3 Déc 2016 - 14:09

Bonsoir  Smile

Emmanuel a dit plus haut:
Le non croyant peut comprendre dans une certaine mesure ce qu'il lit mais il ne le reçoit pas, il n'en saisit pas toute la portée. La croix était une folie pour les grecs et une pierre d'achoppement pour les juifs. Le rôle de l'Esprit saint est important aussi pour nous éclairer dans notre lecture.
(c'est moi qui souligne en gras)
oui  et ça m'a fait repenser à une pensée d'Augustin que j'ai conservée dans mes documents:
"Tout homme veut comprendre ; personne qui n’ait ce désir. Mais tous nous ne voulons pas croire. On me dit : « Je veux comprendre pour croire. » Je réponds : « Crois pour comprendre. » -
"Nous ne voulons pas tous croire", il y a comme une obstruction de la part de celui qui entend ; Jésus disait ils ont des oreilles et ils n’entendent pas.

Augustin considère aussi l’adhésion préalable à l’autorité de la Parole de Dieu (= la foi) comme le passage obligé pour parvenir à la compréhension de Dieu et de sa Parole.
« Ainsi la foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole du Christ. (Romains 10:17). Les chrétiens savent que Sa parole est vivante et fait sentir son action.... si ... l'on y est perceptif.  

Aux hébreux, Paul précise :
« Or sans la foi il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » (11.6)
Malheureusement, les juifs au premier siècle ont prouvé que l'on pouvait entendre mais ne pas comprendre et encore moins adhérer (=la foi) :
« Et pourtant, tous n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Isaïe demande en effet : Qui a cru, Seigneur, en nous entendant parler ? Or la foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ. (Romains 10:16,17)
Dans le mot grec pour entendre, il peut y avoir l’idée de percevoir le sens de ce qui est dit, obéir  (cf. codes Strong)

Est-il possible d'expliquer la survenue de la foi chez quelqu’un de façon uniquement rationnelle, strictement dans une lecture intellectuelle ?
Je ne le pense pas non plus.

ps 12h18 : je viens de relire attentivement et avec beaucoup d'intérêt le long post (un peu plus haut) de "Aurevoir". c'et aussi en accord avec mes recherches et lectures personnelles. Je te remercie, comme j'aurais aimé pouvoir m'exprimer aussi bien que toi !
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