Que penser du Texte reçu ?

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Que penser du Texte reçu ?

Message par Emmanuel le Ven 28 Fév 2014 - 9:43

De plus en plus de croyants se méfient de la critique textuelle qui pervertirait les Écritures et se tournent vers le Texte reçu. Qu'en penser ? Je vous propose d'en discuter ici.

Voici déjà ce qu'on peut lire dans la préface de la version Darby ( http://www.lueur.org/bible/version/darby.html ) :


Pour le grec du Nouveau Testament, les questions de texte sont plus complexes ; mais, dans ce cas aussi, la grâce et la providence de Dieu ont fourni des évidences claires et suffisantes quant au vrai texte à suivre. Sans parler de la version latine appelée la Vulgate, les manuscrits grecs dont disposèrent les traducteurs de la Réforme étaient en fort petit nombre, 13 ou 14 au plus. Théodore de Bèze n’eut pas d’autres secours pour publier son édition du Nouveau Testament, à laquelle il joignit une traduction latine. Mais les Elzévirs de Hollande, ayant adopté pour type de leurs nombreuses éditions le texte de Théodore de Bèze, eurent la hardiesse d’affirmer, dans la Préface qui accompagne l’édition de 1633, que leur texte était le «texte reçu de tous» (textus ab omnibus receptus). Dès lors, sous le nom de «texte reçu», il a fait autorité jusqu’à nos jours au sein du Protestantisme, tandis que les traductions en usage chez les catholiques, sont faites sur la Vulgate.

Les appréhensions de personnes qui craignaient que la foi ne fût ébranlée, empêchèrent, pendant longtemps, de mettre en question l’exactitude du texte accrédité par les Elzévirs. Mais la découverte de nombreux manuscrits, dont plusieurs fort anciens, l’étude de versions encore plus anciennes, les travaux d’une multitude de savants qui, après avoir examiné et comparé les textes et documents connus aujourd’hui, les ont classés d’après divers systèmes, chacun les jugeant à son point de vue particulier, — toutes ces choses ont permis de purger le texte des fautes qui s’y étaient glissées par l’incurie ou la présomption des hommes, et ont contribué à en établir la certitude. Sans doute, en cela aussi, comme en tout ce qui a été confié à l’homme, la faiblesse humaine a laissé son empreinte, mais la providence de Dieu a veillé sur sa Parole, en sorte que, malgré la différence des systèmes suivis par les savants pour la révision du texte, les résultats auxquels ils sont arrivés sont presque identiques. Sauf en une ou deux occasions, leurs diverses éditions du texte grec sont presque partout d’accord entre elles pour les passages de quelque importance. Les variantes, relativement peu nombreuses et d’un ordre secondaire, sont souvent à peine saisissables dans une traduction.

Ces considérations feront comprendre pourquoi, dès notre première édition du Nouveau Testament publiée en 1859, et plus complètement dans celles de 1872, 1875, 1878, ainsi que dans l’édition actuelle, nous avons abandonné le texte appelé sans aucune raison valable : «Texte reçu». C’est aussi pourquoi, dès la seconde édition, le traducteur s’est livré à l’étude approfondie du texte, travail dont ceux qui l’ont entrepris connaissent seuls l’étendue et les difficultés. Cependant, partout où les variantes d’avec le «texte reçu» présentaient la moindre importance, nous avons eu soin de les signaler.

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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Emmanuel le Ven 28 Fév 2014 - 10:02

Voici ce qu'on peut lire dans la préface du "Nouveau Testament Annoté" ( http://ba.21.free.fr/nta/intros_nta/intros_nta.html ) :


Il est cependant un point sur lequel il peut être utile d'ajouter quelques mots on trouvera fort souvent dans les notes ce terme de texte reçu, mis en opposition avec les variantes qui se trouvent en d'autres documents. Pour les lecteurs étrangers aux questions de la critique du texte, nous dirons ce qu'il faut entendre par là.

Durant quinze siècles, les livres saints avaient été copiés et recopiés pour l'usage de l'Eglise. Ces nombreux manuscrits, dont quelques-uns remontent jusqu'au IVe siècle, étaient pour la plupart inconnus à l'époque de la renaissance des lettres et de l'invention de l'imprimerie. On ne s'était point encore occupé des inévitables différences de certains mots qui se trouvent entre eux (variantes), lorsqu'en 1516 le célèbre humaniste Erasme publia à Bâle le premier Nouveau Testament grec qui eût paru imprimé. Il se contenta de reproduire quelques manuscrits très récents, manquant encore des moyens nécessaires pour les comparer avec d'autres, plus anciens. Mais tel était alors le besoin universel de posséder le Nouveau Testament dans la langue originale, qu'en peu d'années cinq autres éditions se succédèrent rapidement et que l'œuvre d'Erasme fut reproduite dans toute l'Europe en d'innombrables contrefaçons plus ou moins correctes. Les savants éditeurs Robert et Henri Estienne en publièrent des révisions, en s'aidant de divers manuscrits de la bibliothèque royale de Paris, (1546 et années suivantes.) Théodore de Bèze poursuivit leur œuvre au moyen de copies anciennes qu'il possédait. (1565 et années suivantes.) Plus tard, des éditions nombreuses, élégantes, en un format portatif, sortirent des presses célèbres des Elzévir, en Hollande. Ce sont ces éditeurs qui, dans une préface, nommèrent leur Nouveau Testament « le texte reçu de tous, partout corrigé, etc. » (Leyde, 1624 et années suivantes.) Il y avait là une double exagération; car, d'une part, jamais encore ce texte n'avait subi l'épuration d'une critique scientifique; et, d'autre part, de nombreuses éditions du Nouveau Testament se produisirent ailleurs. qui provenaient, non de l'œuvre d'Erasme, mais de la célèbre polyglotte éditée en Espagne sous les auspices du cardinal Ximenès. Le texte du Nouveau Testament, partout reproduit en d'innombrables éditions. durant les XVIe et XVIIe siècles, est resté dans cet état jusqu'à la seconde moitié du siècle dernier. Dès lors, d'immenses travaux de critique ont été entrepris et poursuivis sans relâche par des savants, dont les plus connus sont Bengel, Griesbach, Scholz, Lachmann, Tischendorf (pour ne parler que des Allemands). Ils ont étudié, classé, collationné les nombreux manuscrits existants; ils en ont découvert d'inconnus; ils ont formé des collections complètes de toutes les variantes, en explorant pour cela les manuscrits, les citations des Pères de l'Eglise, les versions anciennes; en un mot, ils se sont efforcés d'arriver, par la comparaison de tous ces documents et à la lumière de l'exégèse, à la possession du texte le plus correct possible. Honneur et reconnaissance à ces hommes qui ont ainsi consacré leurs veilles à nous rendre la Parole divine aussi pure dans son texte que nous pouvons la posséder ! Hâtons-nous toutefois d'ajouter que, de toutes ces variantes si patiemment examinées, il n'en est aucune qui concerne rien d'essentiel dans les grands faits ou dans les grandes doctrines de l'Evangile. A cet égard, tous les documents étudiés sont en parfait accord. Quant aux corrections que nous avons admises dans notre version, nous n'avons suivi exclusivement aucun des maîtres de la critique et nous ne nous sommes écarté du texte reçu que là où l'autorité des documents nous a paru décisive.

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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Yoméréaï le Lun 10 Mar 2014 - 2:59

Salut,
Oui, c’est une mode nouvelle. Et je peux parler d’idolâtrie pour certains à l’égard du Textus Receptus. Ils sont considérés comme les manuscrits originaux, en déclarant que Dieu veille sur ces manuscrits et pas d’autres. Par contre, ce qu’il y avait avant ou les autres familles de texte, nan, c’est forcément faux, apostats, avec des théories du complot en tout genre. Il ne s’agit pas de privilégier une famille de mss par rapport à d’autre, mais que par des comparaisons minutieuses, on puisse faire ressortir la leçon originale. C’est le travail passionnant de la critique textuelle.
Encore une fois, on confond l’outil et celui qui s’en sert. C’est pas la critique textuelle qui est en soi mauvais, mais celui qui n’est absolument pas objectif dans son travail.
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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Mimarie le Lun 17 Mar 2014 - 14:42

liens à propos des  2 textes manuscrits originels ayant servi aux traductions,
Texte Reçu(dit aussi texte byzantin ou majoritaire)   et Texte alexandrin (dit minoritaire) :

1)- http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&uact=8&ved=0CC0QFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.info-bible.org%2Fbible%2Ftexte-recu.htm&ei=SkUnU4iCKI2W0QX4mIDgCA&usg=AFQjCNHnmoY2aJlcPLpQve32ODMkei-oqQ


2)- http://www.universdelabible.net/les-traductions-de-la-bible/les-manuscrits-originaux/les-textes-de-base?showall=1
 (en seconde partie on trouve les infos sur les textes de base fondant le Nouveau Testament)
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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Emmanuel le Sam 22 Mar 2014 - 8:30

Mimarie a écrit:2)- http://www.universdelabible.net/les-traductions-de-la-bible/les-manuscrits-originaux/les-textes-de-base?showall=1
 (en seconde partie on trouve les infos sur les textes de base fondant le Nouveau Testament)

Merci pour ce lien Mimarie.

On peut apprécier la position de la Société Biblique de Genèse qui rejoint celle des auteurs du Nouveau Testament Annoté (exposée plus haut) :


Spoiler:
Les partisans respectifs du texte reçu, des manuscrits majoritaires et du texte alexandrin s’accusent parfois de retrancher ou au contraire d’ajouter à la Parole de Dieu, et certains se livrent une véritable bataille à coups de «preuves», d’arguments et de contre-arguments. En réalité, aucun des groupes de manuscrits cités ne remet en question les doctrines essentielles de la foi chrétienne, en particulier la double nature de Jésus, son œuvre salvatrice et son retour. Ainsi, la Société Biblique de Genève estime qu’il n’y a aucune incohérence à publier en parallèle, comme elle le fait en allemand, un texte basé sur le Textus Receptus (la Schlachter 2000) et un autre basé sur le texte Nestle-Aland (la Neue Genfer Übersetzung). Elle considère que de telles polémiques sont souvent inutiles et même, parfois, nuisibles à l’annonce de l’Evangile de Christ.

Dans le cadre du travail sur la Segond 21, la Société Biblique de Genève est même allée plus loin dans cette démarche: elle a estimé que la transparence était de rigueur pour que chacun puisse se forger sa propre opinion sur une base solide. Ainsi, elle a choisi de mettre à disposition de toute personne désireuse de «creuser» la Bible des informations habituellement accessibles uniquement aux spécialistes ou étudiants en langues anciennes: les différences et les points de concordance (nettement plus nombreux!) entre les manuscrits grecs, pour le Nouveau Testament, et entre les manuscrits hébreux et les textes des versions anciennes pour l’Ancien Testament. Cela s’est fait par l’intégration:

   dans les notes de la Segond 21 avec notes de référence, de la mention précise des variantes et des manuscrits qui portent tel ou tel texte;

   dans le texte biblique du Nouveau Testament, d’un grand nombre de leçons du texte majoritaire, puisque la plupart des autres versions françaises sont basées sur les textes minoritaires.

La conviction qui sous-tend cette manière de faire? Celle que le lecteur pourra se rendre compte par lui-même que les divergences ne portent pas à conséquence et qu’aucun élément de la foi chrétienne «orthodoxe» n’est remis en cause par elles. Ce qu’un texte dit peu clairement dans une des traditions manuscrites est enseigné plus clairement dans un autre passage, et cela n’empêche pas Dieu de se révéler au lecteur.

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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par tj fidéle le Mar 5 Aoû 2014 - 9:49

le texte reçu est un peu obsolète aux vues des dernières découvertes de manuscrit de la mer morte et des recherche en grec et en hébreu.
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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Invité le Mar 5 Aoû 2014 - 10:48

Bonjour tj fidèle,
A t-on déjà une lecture de ces manuscrits de la mer morte découverts dans les années 1940 online et en français.
J'avais cru lire que cela ne serait disponible qu'en 2015.

***

Concernant le sujet actuel de la différence entre texte massorétique et septante en quelque part, je ne me formalise pas car j'ai vu des interprétations de la septante grec qui me laissent profondément dubitatif quant à leur AUTHENTICITÉ.

La septante a semble t-il développé une ré écriture bien avant JC du pentateuque mais l'écrit a été poursuivi après la venue de Christ.
Je pense que la Septante a été corrigé au vu des révélations du NT et que le texte n'est pas fiable par rapport à l'esprit dans lequel les prophéties ou révélations ont été auparavant portées. pour moi elle a subit trop de réajustement ce qui a en quelque part faussée l'authenticité brute du texte.

C'est pourquoi je ne privilégie aucun des écrits par rapport à un autre, mais j'avoue apprécier le massorétique car il n'est pas épuré par la connaissance de l'accomplissement.
C'est comme un bloc de diamant brut à peaufiner.

Bises

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Message par tj fidéle le Mar 5 Aoû 2014 - 11:32

Je te cool d lire l'introduction de la bible Darby pour te faire une idée sur cette question.
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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Emmanuel le Mer 6 Aoû 2014 - 12:37

Oui car quand on parle du Texte reçu, il est question du Nouveau Testament et non de la Septante.  Wink 

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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Invité le Mer 6 Aoû 2014 - 14:36

Désolé pour ma grossière erreur. Embarassed

Je ne maitrise aucunement ce sujet.


Bises.

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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Emmanuel le Jeu 7 Aoû 2014 - 17:03

Comme a dit "tj fidèle" tu peux te référer à l'introduction de la Bible Darby. Je la cite dans le premier message de ce fil.  Wink 

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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Invité le Jeu 7 Aoû 2014 - 18:24

Ok !

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Re: Que penser du Texte reçu ?

Message par Emmanuel le Lun 15 Sep 2014 - 17:33

Lu dans l’introduction de la traduction du Nouveau Testament par Albert Rilliet (1858) :

D’après tout ce que nous venons de dire, on ne devra pas s’étonner si notre traduction, faite d’après le manuscrit grec le plus ancien, diffère en bien des points des autres versions françaises publiées jusques à ce jour*. Ces versions, en effet, ont toutes été faites, sauf celle d’Arnaud, d’après un texte grec tiré de manuscrits de très récente date et connu sous le nom de texte reçu.

Beaucoup plus nombreux que leurs devanciers, les manuscrits de la seconde période, en lettres cursives, avaient envahi les bibliothèques, et quand, après plus d’un demi-siècle depuis la découverte de l’imprimerie, on eut l’idée de publier dans leur texte original les livres de la nouvelle alliance, ce furent des copies relativement modernes qui tombèrent sous la main de l’illustre éditeur à qui l’on doit la première édition grecque du Nouveau Testament. C’était Érasme. Il a dit lui-même de cette publication : « præcipitatum fuit verius quam editum » (Lettre à Pirckheimer de 1517), et il est bien certain que, si l’on ne peut qu’applaudir à la pensée, toute tardive qu’elle était, de rendre public le texte original du Nouveau Testament, on ne saurait que déplorer la précipitation et l’incurie avec lesquelles Érasme exécuta ce travail. Du reste ce ne fut pas de lui-même, mais à la sollicitation du libraire Froben de Bâle, qu’il l’entreprit. Froben, craignant sans doute d’être devancé par l’apparition de la Bible polyglotte que le cardinal Ximènes faisait imprimer à Alcala, et dont le texte grec du Nouveau Testament était prêt dès l’année 1514, pressait Érasme de se hâter. Il ne fut que trop bien obéi. Prenant dans la bibliothèque de Bâle les premiers manuscrits venus, l’un du quinzième siècle pour les Évangiles, l’autre du treizième pour les Actes et les Épîtres, et une copie de l’Apocalypse tout aussi récente, Érasme les livra tels quels à l’imprimeur, « après leur avoir fait subir, dit-il, les corrections nécessaires, » et qui consistaient, pour la plupart, à insérer dans le texte grec les leçons de la Vulgate latine. Il ajoute, dans les lettres d’où sont tirés la plupart de ces détails, que « la révision des épreuves a souffert, soit de l’incapacité des protes, soit du mauvais état de sa santé, » mais il prie ses correspondants de garder pour eux ces confidences, « de peur, dit-il, que les exemplaires de cette édition ne restent dans les magasins de l’imprimeur, si l’on vient à se douter de la vérité » (Lettres à Budé et à Latimer de l’an 1517). Telle est, d’après un aveu non suspect, l’édition dont le texte, très peu modifié, a été admis par les protestants, presqu’à l’égal de la Vulgate latine de 1592 par les catholiques, comme le texte authentique du Nouveau Testament.

Cette première édition d’Érasme avait paru en février 1516 ; il en publia en 1519 une seconde qui diffère de la précédente par quelques changements et par un grand nombre de corrections typographiques. En 1522 parut la troisième édition qui s’éloigne fort peu de la seconde. Ces premières éditions furent réimprimées à Venise, Strasbourg, Hagenau et ailleurs. En 1527 Érasme donna sa quatrième édition, où il admit quelques leçons nouvelles empruntées au Nouveau Testament de la polyglotte d’Alcala qui avait été publiée en 1520. Enfin, il fit paraître en 1535 une cinquième et dernière édition, qui s’écarte à peine de la précédente, et qui fut reproduite presque sans changement par Robert Etienne (sauf pour l’Apocalypse où il suit le texte d’Alcala), dans son édition de 1550. C’est celle-ci qui, retouchée en un très petit nombre d’endroits par Théodore de Bèze, fut en 1624 adoptée par les Elzévirs de Hollande comme type de leurs nombreuses éditions. Maîtres du marché, il leur suffit d’affirmer, en tête de l’édition de 1633, que ce texte était le « texte universellement reçu » (textum ergo habes ab omnibus receptum), pour qu’il le devînt, et qu’à ce titre il possédât pendant près de deux siècles une sorte de consécration officielle. Peu d’usurpations ont été couronnées d’un aussi grand et aussi illégitime succès ; jamais cadets de famille n’ont, avec tant d’audace, dépossédé leurs aînés, et la dépossession a longtemps duré. Heureusement qu’en ces matières il n’y a pas prescription, surtout pour des chrétiens qui ont fait justice, il y a trois siècles, de prétentions bien plus graves et bien plus enracinées. Le retour aux sources est de droit, en ce qui concerne le texte sacré, comme en ce qui concerne l’Église, et il eût été ridicule, quand on a su rompre avec Rome, de n’oser rompre ni avec les Elzévirs ni avec Érasme.

* Les traductions françaises du Nouveau Testament, faites d’après l’original grec, depuis la fin du XVIIe siècle, sont, d’une part, celles qui sont l’œuvre des pasteurs et professeurs de Genève (1681, 1726, 1802, 1835), et dont la première a été revue par MARTIN (1707 revisé 1744) et par OSTERWALD (1744 révisé 1822) ; ce sont, d’autre part, les versions indépendantes publiées par LE CLERC (1703), par de BEAUSOBRE et LENFANT (1718), par des ministres suisses (1839 et 1849), par un anonyme (Machais, 1842), par les soins d’une société anglaise (1832), et par le pasteur ARNAUD (1858). Cette dernière traduction s’écarte du texte reçu dans un certain nombre de passages, Une nouvelle traduction française, qui ne se conforme pas strictement au texte grec reçu, a été publiée avec le titre : Les livres saints connus sous le nom de Nouveau Testament. Version nouvelle. Vevey. St-Agrève (Ardèche). 1859. 1 vol. 18°.(version dite Darby)

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